15 septembre 2014 AccueilDossiersSanté publiqueSIDAPrévention du SIDA dans le monde

SIDA : état de la prévention dans le monde

Depuis le début des années 80, la plupart des pays ont tenté d’empêcher la propagation du VIH. Des Etats-Unis à l’Europe en passant par l’Afrique et les pays d’Asie, d’ambitieux programmes de prévention ont été mis sur pied avec le soutien d’organisations internationales. Certains de ces initiatives ont été élevées au rang de success story, tandis que d’autres n’ont pas atteint les resultats escomptés.

La plupart des pays d'Europe occidentale et centrale ont considérablement réduit le taux de transmission du VIH. Ces pays ont mis en œuvre de vastes programmes d'information à l'endroit du public. Ils sont parvenus à faire baisser le taux de contamination par la transfusion et celui de la transmission verticale.

Des pays tels que le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas, ont également ciblé les consommateurs de drogues injectables. Ces campagnes ont eu un large impact et ont permis une importante réduction du nombre de contaminations. En dépit des succès passés, on observe une recrudescence du nombre de contaminations ces dernières années. L'Ukraine reste le pays d'Europe le plus touché avec un taux de prévalence de 1,1 %, alors qu'en France, il se situe entre 0, 3 et 0, 5 % de la population, selon les données fournies en 2013 par les Nations-Unies.

Etats-Unis

Le premier programme de prévention de grande envergure visait les homosexuels et les bisexuels de sexe masculin vivant dans les métropoles américaines. Ces programmes débutèrent en 1984 et étaient financées par des organisations non gouvernementales telles que la San Francisco AIDS Foundation. Les premiers acteurs remarquèrent très tôt que la méthode la plus efficiente consistait à fournir des informations explicites sur des relations sexuelles sans risque.

Ces programmes permirent une chute spectaculaire du taux de transmission chez ces populations à risque. Un des autres plus grand succès reste la prévention de la transmission mère enfant. Cependant des études récentes montrent que le taux de contamination dans les populations de gays a commencé à progresser à nouveau.

Afrique

L'Afrique est le continent le plus touché par le SIDA. La plupart des nouvelles infections se produisant au cours de rapports hétérosexuels non protégés. L'objectif principal dans la prévention du VIH est de persuader les individus de changer leur comportement sexuel, à savoir retarder leurs premiers rapports sexuels, réduire les relations occasionnelles, et accroître l'utilisation du préservatif. Cette tâche est rendue encore plus difficile par la pauvreté, le manque de ressources et l'insuffisance d'infrastructures. En plus, plusieurs personnes ne connaissent pas leur statut sérologique.

Les idées fausses sur les modes de transmission sont également très répandues et l'accès aux préservatifs est très faible. En conséquence, la plupart des pays n'ont pas encore pu aboutir à une baisse significative de leurs taux de prévalence. Cependant, quelques exceptions notables prouvent que ces objectifs sont réalisables. L'Ouganda est l'une d'entre elles. En 1995, le taux de prévalence dans la population adulte était de 15%. Grâce à une politique de sensibilisation de masse, ce taux est retombé à 7% en 2001. Au Zimbabwe, un vaste programme de prévention a fait passer de 6 % en 1991 à moins de 1 % en 2010.

Amérique latine et Caraïbes

L'Amérique latine et les Caraïbes sont actuellement moins durement touchées par le SIDA que l'Afrique. Pourtant, dans certains pays plus de 2 % des adultes sont infectés par le VIH. Dans toute la région, le virus se propage à partir de groupes à haut risque, dont les travailleurs du sexe, les consommateurs de drogues injectables et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Le Brésil détient le record du monde de la prévention dans les pays en voie de développement. La prévalence chez les adultes est restée stable autour de 0,5 % au cours des dernières années.

Les autorités brésiliennes ont, avec l'aide d'ONG, mis en place un vaste programme de prévention et de soins intégré, avec une attention particulière pour les communautés marginalisées. Cuba a également connu un succès remarquable dans la lutte contre le VIH, mais elle a adopté une approche très différente de celle du Brésil, avec un moindre accent sur les droits humains et l'éducation. Ceux qui ont été testés positifs ont été mis en quarantaine indéfiniment dans des sanatoriums, où ils reçoivent des soins médicaux et une éducation sur la façon d'éviter de transmettre le virus.

Asie

En 1991, la Thaïlande a dû faire face à une épidémie extrêmement virulente, qui était alimentée par une industrie illégale du sexe en plein essor. Au lieu d'essayer d'éliminer le commerce du sexe, le gouvernement a choisi de distribuer des dizaines de millions de préservatifs gratuits dans les bordels et les salons de massage, et de sévir contre ceux qui n'insistaient pas sur l'utilisation du préservatif.

Les hommes ont été dissuadés de visiter les travailleuses du sexe, et les droits des femmes ont été promus. Dans le même temps, des messages de prévention ont été diffusés sur toutes les stations de radio et de télévision, afin d'encourager un débat ouvert sur le VIH et les questions sexuelles. Cette campagne a vu une forte chute du nombre d'hommes qui fréquentaient les bordels et une baisse spectaculaire du nombre de contamination.

L'Inde abrite deux épidémies bien distinctes de VIH. Dans le sud, où les rapports hétérosexuels sont la principale voie de transmission, les projets de prévention ont principalement porté sur les travailleuses du sexe et leurs clients. Cette approche a été créditée d'une réduction de la prévalence dans les états du Sud. Ce taux est ainsi passé de 1,7% en 2000 à 1,1% en 2004. En revanche, le principal moteur de VIH dans le Nord-est est la consommation de drogues injectables, et les réponses y ont fait défaut.

La Chine a une prévalence du VIH beaucoup plus faible que l'Inde, mais certaines parties du pays sont beaucoup plus touchées que d'autres. Dans le centre de la Chine, des dizaines de milliers de personnes infectées au cours des années 1990 ont vendu leur sang à des organismes commerciaux. Les autorités ont finalement réagi en imposant une réglementation plus stricte. Aujourd'hui, la transmission du virus est plutôt liée aux rapports sexuels non protégés et à l'utilisation de drogues.

En 2009, une enquête menée dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire a constaté que les services de prévention du VIH ont atteint près de 58% des professionnels du sexe, 32% des consommateurs de drogues injectables, et 57% des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Seulement 53% des femmes séropositives enceintes ont reçu un traitement destiné à prévenir la contamination de leurs bébés. L'étude a également relevé que le préservatif n'était utilisé que dans seulement 9% des actes sexuels hors mariage.

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