17 septembre 2014 AccueilDossiersSanté publiqueSIDAImmunité naturelle contre le VIH

VIH/SIDA : l’immunité naturelle décryptée

Le cas des individus dont le système immunitaire est résistant au virus du SIDA a intrigué les scientifiques pendant plus d’une décennie. Dans le but de développer de nouveaux traitements contre le VIH, des chercheurs ont voulu comprendre les tenants de cette immunité contre un rétrovirus, responsable de deux millions de décès chaque année dans le monde. Après quelques hypothèses, ils se concentrent sur certaines protéines (CCR5, CD4) et l’antigène leucocytaire humain, qui détiennent, selon eux, la clé de ce puzzle.

En 2009, la revue New England Journal of Medicine a publié une étude, qui donne une lueur d'espoir aux malades. Un patient berlinois est guéri du VIH après avoir reçu une transplantation de moelle osseuse d'un malade présentant une anomalie au niveau de la protéine CCR5, une protéine se trouvant sur la surface de cellules du système immunitaire humain. Le CCR5 est un verrou que le VIH ouvre pour infecter les cellules. Une mutation de cette protéine empêche donc l'infection des cellules par le VIH.

La traque de la mystérieuse mutation

Pour comprendre le mécanisme de fonctionnement de la mutation de la protéine CCR5, les chercheurs injectent à des souris infectées par le VIH, des cellules souches contenant une mutation spécifique dans le gène CCR5. Ils ont constaté que les cellules injectées sont en mesure de combattre et de détruire le VIH, et que les souris sont devenues résistantes à d'autres infections.

Cette mutation CCR5 est associée à une immunité naturelle au VIH chez environ 10 % des personnes de race blanche. Les scientifiques pensent que cette mutation est attribuable au développement d'une résistance contre des infections telles que la peste bubonique et la variole. En 2006, les chercheurs de l'Université Johns Hopkins découvrent que cette mutation confère également une immunité contre l'infection par le virus de l'hépatite B. Ils arrivent alors à conclure qu'un groupe diversifié de maladies infectieuses, est à l'origine de la prévalence de la mutation de la protéine CCR5.

Facteurs associés à l'efficacité de la mutation de la protéine CCR5

Les chercheurs, ayant constaté que la mutation de cette protéine ne conférait pas l'immunité à toutes les personnes porteuses de cette mutation, ont décidé de chercher les facteurs additionnels qui contribuent à l'immunité contre le VIH. En 2008, des scientifiques de l'Université de Manitoba au Kenya, travaillant sur des prostituées résistantes au VIH, ont constaté que ces dernières ont un taux très élevé de cystatine, une molécule connue pour ses effets dépressifs contre la réplication du VIH.

Une étude zambienne a également mis en lumière le rôle joué par la protéine HLA, un antigène qu'on trouve dans le sang. Les investigateurs ont remarqué que des individus possédant une forme particulière de cet antigène, ne développent aucun symptôme quand ils sont infectées par le VIH. D'autres études se sont focalisées sur la protéine CD4, qui est la porte d'entrée du virus dans l'organisme.

Un combat en passe d'être gagné

Tous ces résultats montrent que le combat contre la pandémie du SIDA n'est pas perdu d'avance. La compréhension de ces mécanismes naturels de défense contre le virus aboutiront certainement à la mise au point d'un traitement curatif et d'un vaccin capables d'éloigner le VIH ou d'éliminer complètement ce virus des organismes infectés.

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